Saint-Jean-de-Monts – Quand le train s’arrêtait à la gare au-dessus du calvaire

Sur une photo des archives de la famille Leroux-Café, on découvre la partie haute du bourg de Saint-Jean-de-Monts, avec son calvaire… et sa gare, un train, de nombreux wagons… Une gare sur la ligne Bourgneuf / Les Sables d’Olonne…

Archives de la Vendée – © fonds de la famille Leroux-Café

« Saint-Jean-de-Monts, qui n’avait pas voulu de la « grande ligne » en provenance de Cholet (1), car « la sirène des locomotives aurait pu effrayer les troupeaux dans les prés, » eut cependant un « petit train » de 1925 à 1950. Le premier tronçon, qui reliait Fromentine aux Sables-d’Olonne, fut par la suite prolongé jusqu’à Bourgneuf-en-Retz où il faisait jonction avec la ligne de Paris à Pornic. Cette ligne rendit à nos stations les plus grands services avant le développement de la circulation automobile… Certains nostalgiques en regrettent aujourd’hui la disparition… »

Voilà ce qu’on peut lire dans un ouvrage de 1983 : « Un demi siècle de vie à Saint-Jean-de-Monts en cartes postales (1890-1940), » édité par Pierre Farcy (Paris 1921 – Saint-Jean-de-Monts 2014) notaire, historien, maire de Saint-Jean-de-Monts de mars 1959 à avril 1967.

(1) Ce projet de grande ligne aurait changé l’environnement physique et pratique de notre région : « la ligne ferrée à voie normale de Saint-Jean-de-Mont à Cholet » serait passée « par Le Perrier, Challans, Froidfond, Falleron, Legé, Rocheservière, Vieillevigne, Montaigu, Treize-Septiers, Torfou, La Romagne, La Seguinière et Cholet, soit une distance d’environ 100 km… » – compte-rendu du conseil municipal du 9 juillet 1919.

La gare côté quai © photo tirée de l’ouvrage de Pierre Farcy

Mais le 11 septembre 1919, ce même conseil municipal vota finalement la vente d’un terrain communal afin de bâtir une gare « indispensable pour la construction de la ligne de chemin de fer à voie étroite de Bourgneuf aux Sables-d’Olonne… » – une voie métrique semblable à celle du petit train de Challans à Fromentine.

Un autre compte-rendu, du 12 février 1922, évoque des problèmes pendant la construction de la ligne. Elle ouvrira sans doute en 1923, et non en 1925, mais après ce travail colossal, l’exploitation sera néanmoins de courte durée… environ 25 ans…

Après 1950, on ôta donc les rails, mais la gare resta debout durant quelques années encore. De gare ferroviaire, elle devint gare routière. Hélas ! elle sera détruite en janvier 1963…

Sur la carte postale ci-dessus, envoyée en 1956, on peut voir la gare désaffectée – en haut à gauche. Il s’agit d’une carte postale « Cim » : « Combier Imprimeur Mâcon, » avec la précision « Editions aériennes Cliché Rancurel. » C’est à partir de 1949 que le photographe et imprimeur Jean-Marie Combier se lança dans la prise de vue aérienne, et c’est une vraie chance d’avoir ce document.

Sur cette photo des années 1950, pas de bureau de poste, pas de médiathèque… mais encore quelques bourrines ! Car derrière le calvaire se trouvait le quartier pauvre de Saint-Jean-de-Monts surnommé alors Bethléem ou Quartier de Bethléem… On aperçoit également la fontaine publique, qui existe toujours, rénovée…

A la place de « Bethléem… » se trouve aujourd’hui la médiathèque

Voir aussi : 1939 – Boris Vian arrive à Saint-Jean-de-Monts par le tortillard

Sources : « Un demi siècle de vie à Saint-Jean-de-Monts en cartes postales (1890-1940), » Pierre Farcy (page 108) ; fonds Leroux-Café archives de la Vendée ; raddo-ethnodoc ; recherches et documents LNC.


© Les Nouvelles de Challans, 5 août 2026 – Didier LE BORNEC