Challans – Démolition du château d’eau, « orgueil de la cité » en 1937

En 1937, la mise en service du château d’eau de la rue Saint Dominique fut un événement ; il faut dire que les Challandais attendaient l’eau courante depuis une cinquantaine d’années. Pour l’occasion, le syndicat d’initiative et la ville organisèrent une grande Fête de l’eau… qui dit-on se déroula sous la pluie.

Calvaire et château d'eau Saint Dominique à Challans

Avant cela pourtant, personne n’avait voulu voir un tel monument près de chez lui ; finalement, la municipalité le fit construire au bord du chemin vicinal n°6, sur un bout de terrain communal situé dans un endroit alors désert… mais au pied du calvaire du Rosaire – ou calvaire Saint Dominique, – ce qui le fit disparaître.

Société d’Aménagement Urbain et Rural

Cependant, la municipalité eut encore quelques soucis, d’ordre financier comme toujours. En vue de la « construction du réservoir d’eau, » la ville avait emprunté 800.000 francs – on ne peut pas vraiment comparer, et il s’agissait d’anciens francs, mais ce serait environ 122.000 euros. Une somme ! complétée par 20.000 francs d’intérêts non prévus ; et le concessionnaire chargé de la distribution d’eau potable, la Société d’Aménagement Urbain et Rural (S.A.U.R.), dû se faire rappeler à l’ordre au moins jusque fin 1938 avant d’honorer son engagement de rembourser les annuités. Mais tout s’arrangea, et, devenue une ville moderne, Challans gagna en population…

Passer de 300 à 3.000 mètres cubes

Si bien qu’en avril 1972, on put lire dans Ouest-France : « le château d’eau, contenant 300 mètres cubes (…) orgueil de la cité voici 35 ans… » s’avère aujourd’hui « désuet en rapport à la consommation locale en eau potable (…) Challans possède maintenant des H.L.M. et des collectifs… » Ce n’était pas une question d’alimentation : « la source naturelle, dite Balle du Préneau, » et la « canalisation spéciale de la source de la Vérie » suffisaient. Le problème était la pression. Aussi, au début de son second mandat, le maire Jean Léveillé poursuivit le projet de « construction d’un château d’eau d’une contenance de 3.000 mètres cubes (…) non loin du Collège de la Proutière… » !

Vu de la gare : du haut de ses 30 mètres, le château d’eau annonçait fièrement « Challans »

Il reste à savoir ce qu’est devenu ce projet de nouveau château d’eau, mais celui de la rue Saint Dominique fut désaffecté dans ces années 1970. Plus tard, il deviendra le support d’antennes relais.

Déconstruction par écrêtage

Enfin, depuis quelques années, l’ouvrage n’étant apparemment pas réalisé dans les règles de l’art du béton armé, des fers, posés trop près de la surface, apparaissaient en plusieurs endroits après avoir fait éclater le ciment. Aussi, en 2021, la nouvelle municipalité a décidé de démolir cette construction jugée trop dangereuse ; et, après études, en utilisant la technique de « déconstruction par écrêtage » proposée par la société EPC Occamat, de Segré en Anjou (49).

(Photo : ville de Challans et EPC Occamat)

Ce qui explique cet air de Statue de la liberté pris ces derniers temps par le château d’eau. Une plate-forme mobile l’entoure afin de permettre à un engin équipé d’une pince puissante de « mordre » petit à petit le béton, de façon circulaire, jusqu’aux 5 derniers mètres de l’ouvrage – les gravats tombant jusque-là dans la colonne… Coût de l’opération : 240.000 euros.

Après la démolition du château d’eau, la physionomie du quartier sera bouleversée. Mais dans les années 1960, beaucoup critiquaient ces constructions en béton – autant que les éoliennes aujourd’hui – parce qu’elles dénaturaient le paysage.

Les vestiges du Moulin du calvaire et le château d’eau (LNC)

Sources : Shenov (société d’histoire) ; les Archives de la Vendée ; presse locale des années 1970 ; LNC.


© Les Nouvelles de Challans – Didier LE BORNEC

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