En janvier 1930, la revue parisienne L’Illustration économique et financière consacre un numéro spécial à la Vendée. Henri Aublé, président du Syndicat d’Initiative de Saint-Jean-de-Monts, y détaille pour l’occasion les atouts touristiques de sa ville, station balnéaire depuis peu « en vogue » et qui accueille surtout des « familles aisées… »

L’article
« L’une des plus septentrionales parmi les superbes plages de la Vendée, la station balnéaire de Saint-Jean-de-Monts en est certainement la perle sous le rapport de l’étendue et de la sécurité. Sa vogue, assez récente, est parfaitement justifiée par l’exposition de sa plage au Sud, Sud-Ouest, par son sable fin et ferme, sans aucune roche, aucun caillou, d’une aussi parfaite netteté dans les marées les plus basses qu’à haute mer, enfin par l’immense forêt de pins maritimes qui la protège. »

« Il y a une cinquantaine d’années, quelques habitants de la région avaient coutume d’y venir passer les dimanches ; quelques-uns y firent construire un pied-à-terre ; puis des villas, des hôtels s’y installèrent rapidement ; un fait s’était produit : les visiteurs d’un jour, d’une semaine, d’une saison étaient devenus des fidèles ; chaque année ils y revenaient, puis finirent, en grand nombre, par s’y fixer. Ainsi Saint-Jean-de-Monts, sans aucune publicité que celle faite par ses fidèles, sans réclame tapageuse – et si souvent fallacieuse – s’était fait tout seul par son charme, par l’excellent accueil qu’on vous y réserve, beaucoup aussi par l’air et le climat d’une salubrité absolue. »

« Saint-Jean-de-Monts actuel est composé de trois agglomérations distinctes : le bourg, chef-lieu de canton, entièrement séparé des plages, et où se trouvent les commerçants, les magasins, les approvisionnements de toute sorte, est situé à un kilomètre du littoral ; il en est séparé par une large bande de dunes boisées faisant partie de la forêt domaniale. Entre ces dunes boisées et la mer, se trouvent les villas, hôtels, pensions qui abritent chaque saison une dizaine de milliers de baigneurs. »
Réunir les deux plages par un remblai…
« Une agglomération, datant de quelques années seulement et connue sous le nom de plage des Demoiselles, présente, à 1.500 mètres en bordure de mer au sud de l’agglomération primitive, un coquet ensemble de constructions toutes récentes ; des projets très activement poussés, et qui seront sans doute en voie de réalisation à l’heure où paraîtront ces lignes, tendent à réunir par un remblai les deux plages qui n’en formeront ainsi plus qu’une d’une superficie d’environ 150 hectares. D’ores et déjà, une route de 25 mètres de large traverse la forêt pour réunir la plage de Saint-Jean à la plage des Demoiselles. »


« La forêt de pins, dont la plantation remonte à quatre-vingts ans, couvre, presque en bordure de mer, une superficie d’environ 3.000 hectares ; les promenades à pied y sont exquises et salutaires ; elles sont une diversion aux plaisirs de la plage ; celle-ci, toute de sable fin et ferme, s’étend sur une trentaine de kilomètres ; elle a été prospectée, fin 1928, par M. Hervé de Berc, secrétaire de l’Association des Automobiles-Clubs Reconnus, pour être utilisée à l’établissement de records par Malcolm Campbell (pilote automobile britannique surnommé « le roi de la vitesse » – ndlr) ; quoiqu’il n’ait pas, jusqu’alors, été donné suite à ce projet, c’est assez dire ce que peut être le sol parfait de la plage de Saint-Jean-de-Monts. »

« Concours de sable… »
« La clientèle de Saint-Jean-de-Monts est recrutée surtout parmi les familles aisées ; d’innombrables enfants y disputent chaque année d’âpres concours de sable et jeux de toute sorte. Un Club de tennis, quatre courts modèle Internationaux y accueillent les meilleurs joueurs. »

Enfin, « Les communications sont faciles par route et par voie ferrée : route de Paris, Le Mans, Angers, Cholet, Saint-Jean : 457 kilomètres ; voies ferrées : 1° Paris (Montparnasse), Bourgneuf-en-Retz, Saint-Jean ; 2° Paris (Montparnasse ou Orsay), Nantes, Challans ou Paris (Montparnasse), La Roche-sur-Yon, Challans et autobus et voitures particulières Challans-Saint-Jean-de-Monts. Distances des principaux centres régionaux : de Saint-Jean aux Sables-d’Olonne, 42 km., à La Roche-sur-Yon, 55 km., à Nantes, 72 km., à Cholet, 100 km., à Pornic, 44 km. »

« Venez un été à Saint-Jean-de-Monts, vous y reviendrez les étés suivants, et qui sait ?… l’hiver aussi peut-être ; il y fait si doux vivre… »
« HENRI AUBLÉ, Président du S. I. de Saint-Jean-de-Monts, Vice-président de l’Union des S. I. de Vendée. »
Sources : revue L’Illustration économique et financière ; Gallica BnF ; recherches et documents LNC
© Les Nouvelles de Challans, 15 juin 2026 – Didier LE BORNEC
