Les Sables-d’Olonne – La pendule ou « tour horloge » fête ses 70 ans

Vous l’avez peut-être lu dans la presse, ou dans le Journal de la Vendée de mai, lequel reprend une information de l’association historique sablaise Olona : la célèbre Pendule Art déco des Sables-d’Olonne a 70 ans… Mais elle semble avoir toujours été là, repère, rendez-vous des amoureux, identité du remblai…

Construite sur un blockhaus

Inaugurée le 1er juillet 1956, « cette tour d’horloge » de huit mètres de haut, est l’œuvre de l’architecte sablais Maurice Durand (Les Sables-d’Olonne 1884-1978). Elle est construite sur un ancien blockhaus allemand, et pour Yanice Michaud, présidente de l’association Olona : « l’objectif était triple, réutiliser l’ouvrage militaire, donner une cohérence architecturale à l’ensemble du remblai et adapter la ville à l’émergence du tourisme de masse… »

L’horloge peu après sa construction…
Par sa forme, la « tour horloge » est peut-être un clin d’œil à la « tour d’Arundel… »

La pendule du remblai n’est pas la seule réalisation de Maurice Durand aux Sables-d’Olonne. « Il marqué la ville de son empreinte, » et on lui doit entre autres la Villa Mirasol (1914), inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en 1975 ; le Casino des sports (1928) ; le Grand casino de la plage (1950) ; l’église Saint-Pierre ; la clinique Notre-Dame de France ; ou encore l’Hôtel de ville (1950). On trouve également ses réalisations un peu partout en Vendée, notamment à La Roche-sur-Yon, avec la Chambre de commerce, le Centre hospitalier départemental, la Poste, et les archives départementales…

Reçu à l’Académie d’architecture de Paris en 1920, Maurice Durand a été nommé architecte de la ville des Sables-d’Olonne l’année suivante, puis architecte des Monuments historiques de la Vendée en 1930, et finalement architecte départemental en 1937…

Maurice Durand à Challans

La société d’histoire de Challans (Shenov) conserve dans ses archives une photographie de 1925 où l’on voit Maurice Durand devant le château de la Coursaudière, situé alors au milieu d’un vaste domaine. L’architecte est en compagnie de la propriétaire, la veuve de Louis Alexandre Herbert, Héloïse Marie née Batuaud, et de son fils Léon Herbert : c’est pour ce-dernier que Maurice Durand a fait édifier la Villa Mirasol.

(Au centre) debout de gauche à droite, Maurice Durand et Léon Herbert ; assise, Héloïse Marie Herbert
La villa Mirasol avant la construction de la « tour horloge »

Extrait de la fiche de la Villa Mirasol du ministère de la Culture : « Immeuble de villégiature constitué de quatre bâtiments mitoyens, édifiés en front de mer en 1914 sur une parcelle d’angle à fort dénivelé par l’architecte Maurice Durand. Les immeubles sont situés sur les anciens terrains du cimetière du calvaire. La villa Mirasol, qui constitue la partie la plus vaste de cet ensemble organisé, est construite pour Léon Herbert, un grand propriétaire terrien. Il y installe un appartement luxueux, avec des espaces de réception, un fumoir et au premier étage, une chambre circulaire donnant sur l’océan. Dès l’origine, l’immeuble Mirasol présente un rez-de-chaussée commercial, occupé notamment par un salon de thé. Les accès des domestiques sont distincts des accès principaux donnant sur la rue Travot. Le travail de gros œuvre est assuré par l’entrepreneur Félix Gault, tandis que l’exubérant décor porté est l’œuvre du sculpteur Maurice Legendre, dont les projets d’ornements figurés sont à la fois profanes et mythologiques… »

Sources : le Journal de la Vendée (Conseil départemental) ; archives des Sables d’Olonne ; archives de la Shenov (Challans) ; ministère de la Culture ; recherches et archives LNC.


© Les Nouvelles de Challans, 12 mai 2026 – Didier LE BORNEC