1983 – Les nouvelles halles de Challans sont terminées

Depuis le moyen age au moins, on pourrait écrire une histoire de Challans au fil de ses halles ; brûlées, reconstruites, démolies, déplacées, dédoublées, bientôt redéplacées… (1)

Côté histoire récente, le chantier des halles pour l’instant actuelles a commencé en septembre 1982, mais le projet, réalisé par l’architecte Jean-Yves Haurant, avait été retenu en mai 1979 par le maire, le docteur Jean Léveillé, et son conseil.

Reproduction d’un dessin de Jean-Yves Haurant paru dans la presse locale en 1979 (Shenov)

Cependant, six mois après le début des travaux, en mars 1983, un nouveau maire était élu, Louis-Claude Roux, et les halles ne seraient  « livrées aux utilisateurs » que le 21 juin 1983. Ce fut donc à la nouvelle équipe municipale d’inaugurer et de présenter le bâtiment. En septembre 1983, dans le bulletin municipal l’Écho challandais, l’ancêtre de l’Envol, l’adjoint et responsable de la commission commerce, L. Giraudet, écrivait un petit article à ce sujet, sur un ton très libre, un peu critique…

« (…) À l’heure où paraîtront ces lignes, déjà les langues auront marché et les réflexions recueillies nous permettront de connaître les premières impressions, tant des utilisateurs que des consommateurs. Chaque entreprise a fait le maximum pour mener à bien ce chantier important dans un délai relativement court. Le gros-œuvre a été rapide mais les travaux intérieurs, avec 56 commerçants, n’ont pas eu la même vitesse de croisière. De la bonne volonté, il y en a eu, et que chacun en soit remercié. Les réunions ont été nombreuses. Les points d’accord et de désaccord aussi !… mais en réalité, la mise sur pied des emplacements des commerçants en alimentation et forains n’a pas si mal marché grâce à la bonne volonté de chacun. Dire que c’est parfait serait peut-être osé ! Comme prévu, un aménagement piétonnier a été commencé et la finition aura lieu après la saison. Nous souhaitons vivement que les commerçants qui ont souffert pendant les travaux voient très vite leurs sacrifices récompensés. Des vitrines d’exposition, au nombre de 8, sont installées sur les façades des Halles : deux seront conservées pour les besoins de la municipalité et principalement pour l’information ; six seront louées à des commerçants, à l’année. Enfin, un règlement des halles et marchés a été établi. Il détermine avec le plus de précision possible les droits et devoirs de chacune des parties. Il faut dire qu’il n’existait pas à Challans, comme dans un certain nombre de communes, de règlement particulier des Foires et Marchés ; chaque cas était examiné au coup par coup par la Commission Municipale compétente. Autrement dit, il ne devrait plus y avoir de problème… »

Les halles de Challans en 1983
Les halles neuves, photo de l’Écho challandais de septembre 1983 (Shenov)

Et ci-dessus une autre photo tirée du même bulletin municipal, choisie sans doute pour le contraste avec le bâtiment moderne. Mais ce sont les halles qui furent en service de 1846 à 1930, les toutes premières de la place Aristide Briand – alors place du Nouveau marché couvert, – un quartier neuf créé spécialement pour recevoir ce type d’activité.

Afin de bâtir les halles actuelles, il avait fallu détruire cet immense édifice de béton, datant de 1931. Lui-même avait chassé les autres halles… qui auraient pu avoir un intérêt touristique de nos jours. Ici, le rez-de-chaussée servait de marché, et l’étage, entre autres, de salle des fêtes et de cinéma. Ce lieu était géré par une association laïque d’éducation populaire, les O.P.S. : Œuvres Post Scolaires. C’était un projet « républicain » qui fut dès l’origine très critiqué par les conservateurs, alors dans l’opposition…

Démolition des halles et de la salle des fêtes qui avaient été laissées à l’abandon. On aperçoit sur le côté l’immense quincaillerie Tesson « Gémo » (archives Shenov)

À l’époque, selon le Dr Léveillé, propos rapportés par la presse en juillet 1979 : « Les problèmes sanitaires pour les halles et de sécurité pour la salle de spectacle, sont toujours présents et les services administratifs ne manquent pas de les rappeler. Au cours des deux dernières années, deux appels ont été lancés pour une reconstruction pure et simple, ou pour une rénovation seulement. Les premiers projets n’ont guère été du goût du conseil… » Puis celui « de M. Cornet, architecte à Niort, retenait l’attention des élus locaux qui demandaient cependant quelques modifications (…) notamment sur le prix de revient, » (pour une reconstruction). Le 1er mai 1979, un nouveau projet était présenté, d’un coût hors taxes et honoraires de 1 700 000 F. Mais « dans le même temps, » un autre « était présenté par M. Haurant, architecte à Challans, d’un coût de 1 937 000 F. Ce dernier quoique plus onéreux présente une esthétique d’ensemble susceptible de mieux s’harmoniser avec la ville tout en étant également plus fonctionnel… » Finalement, « les conseillers donnaient pouvoir à une commission spéciale de réétudier et d’affiner le projet Haurant, avec l’architecte, et de tenter d’obtenir un coût de revient inférieur… » D’où une réalisation simplifiée par rapport au plan de 1979, lequel était moins rectiligne…

Les halles de Challans en 2021
Les halles dans l’attente d’une nouvelle démolition – elles auraient eu ou auront 40 ans en 2023

(1) Voir l’ouvrage de la Shenov Challans pour les curieux, pages 103 à 108.

Sources : archives de la Shenov (l’Écho challandais de septembre 1983 ; presse locale de 1979) ; recherches LNC.


© Les Nouvelles de Challans, 12 août 2022 – Didier LE BORNEC

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