1909 – Après le veau marin : « la baleine de Sallertaine »

En 1937, le journal le Phare de la Loire rapportait l’étrange histoire d’un veau marin perdu au bord du Grand étier de Sallertaine. Mais bien plus tôt, en 1909, ce fut l’abbé de la commune, Prudent Roger, qui surprit le monde avec une « Curieuse découverte » relatée dans son bulletin paroissial du mois d’octobre. Cette fois, il était question des ossements d’une baleine découverts en partie par « Henri Tessier, du Frêne, qui était occupé à nettoyer un fossé donnant sur l’Étier, à quelques pas de chez lui. »

Un animal aux proportions effrayantes…

Son travail était presque achevé « lorsque sa fraye [bêche], en plongeant dans la boue, rencontre un objet qui résiste. Cet obstacle n’est pas une pierre ; l’objet frappé sonne plutôt comme du bois sec. » Henri Tessier pense donc avoir trouvé une grosse souche. Mais « il dégarnit encore, » et finit par voir devant lui un os énorme, impossible à remuer tant qu’il ne sera pas complètement dégagé. 

« Il se souvient alors, qu’il y a une douzaine d’années, lorsqu’on creusa ce fossé pour la première fois, on avait trouvé dans ce même endroit des fragments d’os à peu près semblables. Très longtemps même, l’un d’eux servit de billot pour recevoir, à la porte de la maison, soit des pots de fleurs, soit la terrine à se laver les mains. »

Afin de soulever sa trouvaille, Tessier appelle de l’aide. On arrive alors « à sortir l’os de son trou et à le hisser sur le pré, » mais ce faisant, d’autres os apparaissent. « Il y a évidemment tout un squelette d’un animal aux proportions effrayantes. » Plusieurs fragments sont sortis de terre dont l’un forme « un arc immense. Mais la nuit venue, tous abandonnèrent ce travail qui n’a pas été repris depuis. »

Du genre de la baleine…

Huit jours après, plusieurs personnes compétentes se rendirent sur place « pour voir ces objets étranges dont on nous avait parlé, et nous pûmes constater que c’étaient bien des os, et des os d’un animal du genre de la baleine. »

Squelette d’une baleine échouée au « Moulin de Luc » à Luc-sur-Mer (Calvados) en janvier 1885

« Le plus gros morceau fut pesé sous nos yeux : son poids était de 130 livres. Il avait tout l’air d’être l’un des os du bassin. Le fameux arc-de-triomphe qu’on nous avait annoncé n’était autre qu’une côte : elle mesurait 2 m 40 de long et pesait 16 livres. Une 3e pièce assez importante pouvait être le sternum (…) sa longueur était de 1 m 70 ; et il n’était pas entier. En examinant l’endroit où ces ossements ont été découverts, nous avons pu constater qu’il en restait encore d’autres ; on pourrait par de nouveaux déblaiements mettre à vue le squelette de l’animal. La position dans laquelle ces ossements ont été trouvés indique qu’ils n’ont pas été jetés là comme des débris, mais que l’animal est bien venu périr en cet endroit, à l’époque très reculée où la mer envahissait notre marais. Elle était venue, la pauvre bête se promener là à marée haute, en suivant le courant de l’Etier ; et la mer baissant lui a joué le vilain tour de la laisser à plat ventre sur le sable ou sur la boue où il lui a fallu périr, » [à cette « époque très reculée » l’étier n’existait pas].

Appel à témoins !

Comme pour l’affaire du veau marin, aucune suite à notre connaissance n’a été donnée à cette découverte. Selon un archéologue que nous consulté à ce sujet, la présence d’une baleine à cet endroit est impossible. Pourtant, les témoins sont fiables, et les descriptions très précises. Mais ce pourrait être un autre animal, préhistorique. Reste-t-il à Sallertaine ou ailleurs des éléments de « ce squelette de baleine, » 113 ans après ? Si oui, ce serait extraordinaire. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des informations…

Sources : Archives de la Vendée – fonds Grelier et bulletins de la paroisse de Sallertaine ; illustration pour Vingt mille lieues sous les mers, dessin De Neuville ; LNC.


© Les Nouvelles de Challans, 18 août 2022 – Didier LE BORNEC

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