1793 – Quand Saint-Jean-de-Monts s’appelait « Grands-Monts » ou Saint-Gilles « La Révolution »

Les révolutionnaires de 1789 voulurent effacer toute trace de la monarchie, la noblesse ou de la religion, jusqu’à changer de calendrier, imaginer de nouveaux prénoms, non religieux, modifier le nom des rues… mais aussi des villes. En 1790, celles qui précédemment avaient porté celui de « leur seigneur » retrouvèrent leur dénomination d’origine. Puis, en 1792, tous les noms qui rappelaient la royauté ou la noblesse furent gommés : Bourg-la-Reine, par exemple, se changea en « Bourg-l’Egalité, » et près de nous La Chaize-le-Vicomte en « Haute-Chaize » ou « Basse-Chaize, » et Fontenay-le-Comte en « Fontenay-le-Peuple… »

Plus de saints ni de saintes…

Enfin, en 1793, pendant la Terreur, arriva la « déchristianisation, » et il fallut faire disparaître tous les saints et les saintes. En Vendée, Saint-Jean-de-Monts se transforma en « Grands-Monts, » Sainte-Foy (foi en ancien français) en… « Le Désert, » ou encore Saint-Florent-des-Bois en « Bois-Milon… » Saint-Christophe-du-Ligneron ne conserva que « Le Ligneron, » et Saint-Hilaire-de-Riez fut remplacé par « Port-Fidèle. » Plus marquant, Saint-Gilles-sur-Vie devint « La Révolution. » Apparemment, de petites communes comme Saint-Gervais ou Saint-Etienne-du-Bois conservèrent leur nom…

Dessin de A. Schell pour le « Guide illustré à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et aux environs » par Henri Renaud – édition de 1897 (d’après un document BnF Gallica)

Dans les « îles… »

Il y eut aussi des villes sanctionnées, comme Marseille qui s’était opposée au parti de Robespierre, et qu’on appela… « Sans-Nom » ou « Ville-sans-Nom. »

Impliquée dans la Guerre de Vendée pour son soutien à Charette, l’isle de Bouin reçut le nom « d’Ile Marat » ; de même, Noirmoutier-en-l’île se mua en « Ile-de-la-Montagne… »

Le « Champ des fusillés » à Bouin…

Quant à l’île d’Yeu, elle eut un jour la surprise de devenir… « l’île-de-la-Réunion » ! Tandis que son Port-Breton était renommé « Rocher-de-la-Sans-Culotterie… » Et si la ville retrouva un temps son nom d’avant 1793, elle fut rebaptisée Port-Joinville en 1846, en hommage… à François d’Orléans, prince de Joinville.

Un petit côté « humoristique… »

Enfin, autres bizarreries ou fantaisies : Mouilleron-le-Captif fut libéré et on l’appela… « Mouilleron-le-Libre. » Sur la côte, un citoyen qui préférait la montagne à la mer transforma Jard-sur-Mer en « Jard-la-Montagne… » Comme Saint-Hilaire-la-Forêt se déboisa pour devenir « Vineuse-en-Plaine… »

NB. On trouvait à l’Assemblée les Montagnards, groupe radical de la Montagne, tandis que des députés plus modérés s’appelaient la Plaine…

Tous ces changements, sauf quelques exceptions, furent annulés par Louis XVIII en 1814. La liste complète des noms des communes de la Vendée sous la Révolution se trouve sur geneawiki – une encyclopédie de la généalogie initiée par geneanet


© Les Nouvelles de Challans, 10 octobre 2023 – Didier LE BORNEC

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