Saint-Christophe-du-Ligneron – Prêtres et évêques bénissaient automobiles, cycles, mobylettes…

Dans le classeur Saint-Christophe-du-Ligneron des archives de la Shenov (société d’histoire de Challans), on trouve des coupures de journaux du 31 juillet 1973 portant des titres assez surprenants : « La bénédiction de voitures, » « Cinquantenaire de l’église et bénédiction des automobiles… »

Concernant l’église, classique et pourtant récente, l’explication est simple : l’édifice précédent fut détruit en 1913, touchée par la foudre, et les paroissiens durent attendre 1923 avant de retrouver un nouveau lieu de culte en pierre. À l’occasion de son cinquantenaire, donc, le dimanche 29 juillet 1973, étaient présents : « Mgr Chappot de la Chanonie, ancien évêque de Clermont-Ferrand ; le chanoine Bouet, vicaire général à Luçon ; les abbés Ageneau, Augereau, natifs de la paroisse, et l’abbé Bessonnet de Landevieille… »

(documents : archives de la Shenov – société d’histoire de Challans)
Mais… la bénédiction des automobiles ?!

On apprend seulement dans l’article que ce fut Mgr Chappot de la Chanonie qui s’en chargea dans l’après-midi, depuis les marches de l’église, face à « un long défilé » de « 150 automobiles et quelques dizaines de cycles et motocycles, » ou « cent autos et véhicules, » selon les chiffres des journaux (à noter que l’évêque avait auparavant fait appel à la responsabilité des conducteurs…)

Une tradition locale vieille de 70 ans

Pour en savoir un peu plus, on doit retourner dans le classeur et ouvrir la brochure Saint-Christophe-du-Ligneron hier et aujourd’hui, d’Alain Castaing : « Depuis près de 70 ans, chaque année, lors de la solennité de la fête de Saint Christophe [le 25 juillet], la cérémonie de la bénédiction des autos et véhicules était devenue une tradition à laquelle on ne savait manquer. » Alain Castaing, était le correspondant local de presse pour Ouest-France, mais aussi historien amateur, auteur de nombreux ouvrages sur le patrimoine local. Cette tradition « fut instituée par l’abbé Benjamin Chauffeteau, curé de Saint-Christophe de 1920 à 1958. » Et « de nombreux évêques, prélats, hauts dignitaires de l’Église se sont succédé au fil des ans pour présider cette fête et cette cérémonie à laquelle l’abbé Chauffeteau sut donner beaucoup d’éclat et de popularité. Cette coutume a été abolie en 1985 par l’abbé Joubert, curé de la paroisse. » Mais « bien des Ligneronnais l’ont regrettée… »

(document Shenov – Ouest-France 31 juillet 1973)
Saint-Christophe, patron des automobilistes

Cette fête, avec bénédiction des véhicules, approuvée par l’Église, se déroulait et se déroule encore dans de nombreuses communes portant le nom de Saint-Christophe (1). D’abord invoqué pour guérir des maladies, puis patron de plusieurs corporations, saint Christophe a fini par s’imposer comme patron des voyageurs, protecteur des pèlerins, et, au fil des siècles, son culte s’est élargi aux nouveaux moyens de locomotion.

Saint Christophe était à l’origine le géant Offerus qui aida le Christ enfant à traverser un torrent en le portant sur ses épaules. Il devint alors Christophoros, celui qui porte le Christ.

Saint-Christophe-du-Ligneron à l’heure des premières automobiles

(1) Comme dans la paroisse de Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne), élevée en archiconfrérie universelle des confréries de Saint Christophe par le Pape Pie X, le 8 février 1912.

Sources : Saint-Christophe-du-Ligneron hier et aujourd’hui, textes d’Alain Castaing et nouvelle présentation par Fernand Lusseau (septembre 2006) ; archives de la Shenov ; archives de la Vendée ; Archiconfrérie Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne) ; recherches LNC.


© Les Nouvelles de Challans, 25 juillet 2022 – Didier LE BORNEC

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