Le cimetière protestant de La Garnache

En 1380, la seigneurie des Pierre de La Garnache passe entre les mains d’Alain VIII, vicomte de Rohan, par Béatrix, fille d’Olivier IV de Clisson, surnommé « le boucher. » Et finalement, Françoise de Rohan (1540-1591) en hérite au 16e siècle. Dame de la Garnache, duchesse de Loudun, fille d’Isabeau d’Albret et de René de Rohan, elle était la cousine du roi de Navarre, futur Henri IV.
D’abord Catholique, Françoise de Rohan devint protestante, et La Garnache également, jusqu’au 17e siècle.
Si elle tenait l’endroit « en neutralité, » sa famille, son fils qui la chassa, et le roi de Navarre en firent une place forte huguenote, que Louis XIII finira par faire démanteler en 1622.
Mais avant cela, la bataille de La Garnache,
entre le 15 décembre 1588 et le 13 janvier 1589, fera de nombreuses victimes, surtout dans les rangs catholiques, au moins 300 morts.

Les cimetières de La Garnache

Et l’on commence à parler des cimetières de La Garnache. Certains auteurs écrivent que les soldats catholiques furent inhumés entre deux combats au pied de l’église paroissiale. Mais celle-ci se trouvait dans l’enceinte de la ville, et les huguenots n’ont sûrement pas ouvert le Grand-pont à leurs ennemis – d’ailleurs, il n’y avait pas assez de place pour 300 sépultures. Les inhumations eurent lieu certainement à l’emplacement de l’actuel stade du Genêt.

Finalement, surtout pour des raisons politiques, les assiégés capitulèrent, et, entre armes et bagages, « ils emportèrent leurs morts. » Ils furent ensevelis « dans un pré » du faubourg Saint Thomas, qui devint « le cimetière protestant » de La Garnache.

Cimetière du faubourg Saint-Thomas, La Garnache
Le cimetière du faubourg Saint-Thomas, était l’ancien cimetière protestant

Le cimetière catholique se trouvait cependant au Sud de l’église de la Garnache, le long de l’édifice et au-delà, rue du Château, jusqu’à la motte castrale. Lors d’une reconstruction de l’église, en 1770, il fut désaffecté. Ce « champ de repos » se déplaça route de Paulx, jusqu’en 1828 ; puis « il fut établi en place du cimetière protestant, au Faubourg St-Thomas, » (1). Depuis, un nouveau site a été ouvert près de l’ancienne gare de la Garnache.

Le notaire François Bérieau et son épouse Marie-Zulma

Selon plusieurs personnes, il y aurait encore au moins deux tombes protestantes dans le cimetière Saint-Thomas : des tombes sur infrastructures, ce qui est une singularité de certaines sépultures huguenotes – mais d’ordinaire, elles n’ont pas de croix.

Ces tombes, du 19e siècle, sont celles de « M. François Bérieau – ancien notaire – décédé à La Garnache le 10 (septembre) 1874 dans sa 68eme année… » et de son épouse, née Gobert : « Marie Zulma Bériau (sic) décédée à La Garnache le 7 Août 1895 dans sa 79eme année… »

Protestantes ou non, elles sont aujourd’hui une part du patrimoine garnachois.

Gravé dans la pierre, on lit encore 127 ans après : « Ici repose le corps de Mme Marie Zulma Bériau décédée à La Garnache le 7 Août 1895 dans sa 79eme année – Regrettée de tous – Priez Dieu pour elle. »

(1) Héritiers et bâtisseurs, centenaire de l’église Notre-Dame de l’Assomption de La Garnache (abbé Michel Vairé).

Sources : La Garnache, par Charles Mourain de Sourdeval ; Héritiers et bâtisseurs, abbé Michel Vairé ; museeprotestant.org ; recherches LNC.


© Les Nouvelles de Challans – Didier LE BORNEC

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