Froidfond – Les mésaventures de l’église sainte Marie-Madeleine

L’histoire de la commune de Froidfond est à découvrir sur le site de l’association locale Histoire et Patrimoine (HEP). Concernant la paroisse, on y apprend par exemple que le choix de la placer « sous le patronage de sainte Marie-Madeleine (…) remonterait au XIe siècle, après l’édification d’un prieuré consacré à cette sainte patronne des lépreux, » ou des cordiers, un métier exercé par les lépreux. L’Observatoire du patrimoine religieux (OPR), précise qu’il était tenu par une communauté de bénédictins.

L’intérieur de l’église sainte Marie-Madeleine autrefois

Mais Fabienne Pichard du Page et Georges Gondinet avancent dans leur ouvrage Histoire des Vendéens que « ce prieuré aurait constitué une dépendance de la commanderie de Coudrie, où auraient vécu les Chevaliers de Saint-Lazare, » saint protecteur des lépreux.

L’intérieur de l’église de nos jours
Sainte Perrine

Au XVe siècle, pendant les guerres de religion, le prieuré fut détruit par les protestants, ce qui entraîna la construction d’une nouvelle église. Mais elle fut incendiée sous le Directoire – cette fois pendant les guerres de Vendée, – le 22 juillet 1799, jour de la fête paroissiale de sainte Marie-Madeleine. « Dans l’incendie disparut aussi une statuette de sainte Perrine… »

L’historien Edmond Bocquier (1881-1948) écrit dans sa Préhistoire des villes de Vendée, à l’article Froidfond, pour lui Froidfont : « Il y avait autrefois (dans cette église) une petite statue de Sainte Perrine, objet de nombreux pèlerinages ! Cette sainte était surtout invoquée contre les maux d’yeux. Cette dévotion a disparu… »

Le clocher s’écroule par deux fois

Et ce n’était pas fini… Après une grossière restauration en 1808, l’édifice se délabre… « réduit à l’état de masure, il devait le rester jusqu’en 1836, année à partir de laquelle était entreprise sa reconstruction. »

Hélas ! « Des malfaçons, ajoutées aux effets d’intempéries entraînèrent l’écoulement du clocher dans la nuit du 9 au 10 octobre 1836. Retapé rapidement, il s’effondrait de nouveau le 8 novembre. Par la suite toute la façade dût être reconstruite. Ces travaux s’achevèrent en décembre 1837… » C’était à la Justice de jouer : Edmond Bocquier fait alors allusion à un procès contre l’entrepreneur qui dura jusqu’en 1940. Puis il ajoute, comme HEP, que des « réparations nouvelles » furent nécessaires en 1957…

Sources : HEP (Histoire et Patrimoine) ; Archives de la Vendée ; Observatoire du patrimoine religieux ; LNC.


© Les Nouvelles de Challans – Didier LE BORNEC

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