1908 – 1909 – Théodore Esgonnière, maire de Challans durant 486 jours

Un court mandat : Théodore Esgonnière, maire de mai 1908 à septembre 1909 est un article de Théodore Rousseau écrit en 1999 pour la société d’histoire de Challans, dont il était vice-président. Théodore Esgonnière était son arrière-grand-père. Le titre est volontairement trompeur, et l’on découvre dans ce texte que Théodore Esgonnière ne fut pas un personnage accessoire, une anecdote dans l’histoire de Challans…

Théodore Esgonnière, Challans
Portrait de Théodore Esgonnière visible à la Shenov (société d’histoire de Challans)

Au second tour des élections municipales de 1908, le dimanche 10 mai, la liste républicaine dont fait partie Théodore Esgonnière l’emporte après une rude bataille contre celle des conservateurs. Puis en mairie, le 17 mai, « Théodore Esgonnière, âgé de 70 ans, doyen d’âge de l’assemblée est élu maire avec 15 voix contre 7 à Gildas Grelier, » et une à Alexis Lory. Gildas Grelier était l’adjoint du maire précédent, Olivier Boux de Casson fils ; il est aussi le père de l’abbé et historien Charles Grelier.

L’abbé et son père Gildas Grelier, lequel deviendra finalement maire de Challans de 1912 à 1919 (photo d’après un document des archives départementales de la Vendée)

Malade, Théodore Esgonnière décédera l’année suivante, le 14 septembre 1909 – les derniers jours de sa vie, il sera remplacé par ses adjoints Benjamin Riou et Victor Charbonnel. Mais il aura le temps de « prendre des décisions essentielles, » comme le maintient de la section de gendarmerie de Challans, « l’une des plus importantes de Vendée, eu égard aux îles d’Yeu et de Noirmoutier qui en dépendent. » Ou « la construction du chemin vicinal n°6 de Commequiers à Challans, qui aura pour résultat de mettre en communication directe ces deux communes par suite de l’établissement d’un pont sur le Ligneron. » Enfin, un grand projet lui tenait à cœur : « la création d’un comice agricole cantonal, » soit « une assemblée de cultivateurs et propriétaires ruraux ayant pour rôle de favoriser l’amélioration des procédés agricoles et du cheptel. Ce fut chose faite le 18 décembre 1908… »

Benjamin Riou succédera à Théodore Esgonnière et sera maire de 1909 à 1912
Une vie au service de la collectivité

Mais avant cela, Théodore Esgonnière s’était depuis longtemps totalement investi dans la vie de la commune. Arrivant de Grand’Landes, il s’était installé à Challans en 1893 – venu rejoindre sa fille unique Célina et son gendre Eugène Rousseau. Instituteur, puis directeur d’école publique, Théodore Esgonnière avait consacré sa vie professionnelle à l’éducation. À la retraite, il se mettra au service de la collectivité challandaise. Il sera ainsi commissaire enquêteur ; président de la délégation cantonale, qui avait pour but « de faire des propositions pour le bon fonctionnement des écoles publiques du canton… » Devenu conseiller municipal en 1900, sur la liste de Lucien Dodin, il « est désigné pour faire partie des commissions scolaire, finances et travaux communaux. » En 1902, « il est nommé délégué de la statistique agricole communale. En 1903, il fait partie de la commission chargée de la réorganisation de la bibliothèque populaire… » La liste de ses activités est trop longue pour la livrer entièrement. On peut ajouter que cinq mois avant son décès, le 7 avril 1909, il était élu président du Comité républicain du canton

En réalité, le mandat de Théodore Esgonnière à Challans a bien duré 16 ans…

Sources : Théo Rousseau (Shenov) ; archives départementales de la Vendée ; recherches et documentation LNC.

À suivre : La maison Esgonnière-Rousseau, 98, rue Carnot à Challans.


© Les Nouvelles de Challans, 5 octobre 2022 – Didier LE BORNEC

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