Challans 1923-2022 : de la pompe à essence à la station d’hydrogène vert

Dans les années 1920, l’automobile se démocratise, et un nouveau métier apparaît : distributeur de carburant. À l’époque, pas de station-service, ce sont des quincailliers, des épiciers, hôteliers, cafetiers, et tout de même quelques garagistes qui vont se lancer dans ce commerce. Challans sera à la pointe de cette révolution. En 1909, seule la quincaillerie Roux possède un « dépôt d’essence, » mais à partir de 1923, les demandes d’ouverture de pompes vont se multiplier (1).

L’épicerie-mercerie l’Epargne de l’Ouest fera une demande en préfecture pour l’installation d’une « cabine murale de distribution »

Le tout carbone

Le 22 septembre, Mme veuve Tesson, « quincaillière, » dépose à la préfecture un « schéma d’installation d’un appareil de distribution. » Le 22 novembre, c’est le tour de M. Marcaillou, concessionnaire André Citroën. Jean-Baptiste Marcaillou tient le Garage central, avenue de la Gare, sa pompe est l’une des premières de la Société Générale des Huiles de Pétrole, qui deviendra  la Société Française des Pétroles BP en 1954.

Entre hippomobile et automobile, le Garage central de l’avenue de la Gare

En 1924, Léopold Basteau « garagiste » rue Bonne fontaine rejoint le mouvement. Puis un hôtelier, M. Gautret, livre à la préfecture le « plan d’une fosse avec réservoir pour pompe Gilbert & Barker. » Suivra l’épicerie-mercerie l’Epargne de l’Ouest, pour « une cabine murale. » La quincaillerie Bailly s’y mettra en octobre, comme celle de « Mme veuve Salmon, » rue Carnot. Enfin, en décembre, l’entreprise Roux dépose un nouveau projet.

On note une pause entre 1926 et 1927. En 1928, seul le garage de « Mme veuve Retail » souhaite s’équiper d’un « poste, ou appareil distributeur d’essence. » Un rebond intervient en 1930, « Bichon, garagiste, » envoie le « plan d’installation d’un distributeur avec citerne en fosse, » (Arsène Bichon avait racheté le garage de Léopold Basteau en 1929, rue Bonne fontaine). En fin d’année, le cafetier Legeard ajoute le débit d’essence à son débit de boissons ; il est aussi « marchand de grains… » Il y aura ainsi des demandes régulières jusqu’en 1939. Mais en septembre éclatera la seconde Guerre mondiale ; après, ce sera une autre époque…

La première station de bioGNV et d’hydrogène vert

Peu à peu notre monde dépendra totalement de l’automobile, du transport routier… jusqu’à rendre l’atmosphère des villes irrespirable, noircir nos poumons comme la pierre des monuments… et réchauffer le climat… Il faut clouer les avions au sol, les usines doivent arrêter de fumer… nous devons faire machine arrière, retro-pédaler, pédaler comme nos grands-parents ou arrière-grands-parents… Il faut « décarboner… verdir les transports… » Et après la course aux pompes à essence, l’Histoire retiendra qu’entre 2021 et 1922, Challans aura lancé sa première station de distribution de bioGNV (Gaz Naturel pour Véhicule) et d’hydrogène vert. Prévue pour septembre dernier, elle est quasiment achevée, rue Ayrton Senna, non loin du centre technique intercommunal, route de Cholet. Elle servira notamment à alimenter les camions de ramassage des ordures ménagères du territoire de Challans Gois – « l’hydrogène vert » proviendra de l’unité de production de Bouin (électrolyseur alimenté par le parc éolien de la commune). On doit cette initiative au SyDev, à Vendée énergie, la communauté de communes, Challans, la Région et le Département…

La station de bioGNV et d’hydrogène vert de Challans
La station de bioGNV et d’hydrogène vert de Challans (près du karting)

(1) Sources : Archives de la Vendée, Inventaire des établissements classés de 1830 à 1954 ; SyDev ; LNC.


© Les Nouvelles de Challans – Didier LE BORNEC

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