« Un Flic » de Melville – Les lieux de tournage en 1971 et de nos jours à Saint-Jean-de-Monts et Challans

En 1971, Jean-Pierre Melville ignore qu’il tourne son dernier long métrage, « Un Flic, » avec en tête d’affiche Alain Delon et Catherine Deneuve. « Un Flic » sort en octobre 1972 et Melville meurt brusquement en août 1973, il a 55 ans…

Et c’est en Vendée que se déroulent les 16 premières minutes du film, entre Saint-Jean-de-Monts et Challans !

Le journaliste Philippe Gilbert a entre autres écrit deux articles sur le sujet pour Ouest-France (1) ; ils sont à (re)découvrir en ligne pour connaître tous les détails de ce début de tournage : article du 20 décembre 2015 ; article du 13 août 2017

(1) « Un Flic » figure également dans son ouvrage « Vendée, terre de cinéma » sorti en 2016 aux Editions du Petit pavé.

Les lieux de tournage

Cinquante-cinq après, il est intéressant de retourner sur les lieux de tournage. A Saint-Jean-de-Monts, peu de choses ont changé, à Challans… c’est différent, mais il reste quelques vestiges… pour l’instant…

Les premières images du film montrent Saint-Jean-de-Monts en chantier – comme Challans aujourd’hui, – puis une mouette, des vagues sur la plage…

… une barre d’immeuble sur le remblai…

… et une lourde Plymouth qui remonte l’avenue des Pins…

… avant de tourner à droite pour une longue séquence sur l’Esplanade de la Mer…

A son bord, quatre truands : au volant, Louis Costa (l’acteur Michael Conrad), côté passager, le chef du gang, Simon (Richard Crenna), à l’arrière, Marc (André Pousse) et Paul (Riccardo Cucciolla) – ils sont les seuls à avoir tourné en Vendée…

Distribution complète : Alain Delon (Edouard), Richard Crenna (Simon), Catherine Deneuve (Cathy), Riccardo Cucciolla (Paul Weber), Simone Valère (la femme de Paul), Jean Desailly (l’homme distingué), Paul Crauchet (Morand), André Pousse (Marc Albouis), Michael Conrad (Louis Costa), Valérie Wilson (Gaby), Henri Marteau, Catherine Rethi, Philippe Gasté, Dominique Zentar, Stan Dylik, Roger Fradet, Jacques Galland, Jean-Pierre Posier, Jacques Leroy, Michel Fretault, Pierre Vaudier, Jako Mica, Nicole Témime, Louis Grandidier, Jo Tafanelli, Georges Florian, Gene Moyle… Des figurants Challandais, dont des comédiens amateurs des Amis du théâtre, sont également à l’écran pendant les premières minutes du film…

La Plymouth se gare finalement devant l’actuelle place de l’Europe, masquée par une palissade…

Le gang projette d’attaquer la BNP du remblai, où dorment des millions de francs ! Cette banque n’existe pas, c’est à l’époque l’emplacement du café-bar Le Cardinal, métamorphosé par les décorateurs de Jean-Pierre Melville !

Le Cardinal est aujourd’hui le bar-tabac La Piscine…

… ce nom, simplement parce que la piscine est en face… ce n’est pas un clin d’œil au film avec Alain Delon et Romy Schneider…

Mais le hold-up se passe mal… Marc, alias André Pousse, est grièvement blessé par un caissier, et la moitié du butin est abandonnée sur place. Néanmoins, Simon poursuit son plan : direction la gare de Challans…

Challans où la Plymouth apparaît au bout de la rue Gambetta… en 1971 !


… de nos jours, deux maisons sont encore presque debout… il ne subsiste qu’un tiers de la plus grande…

Quelques mètres plus loin, tandis que la Micheline passe au-dessus, la grosse américaine tourne au rond-point de la Gare, qui n’est alors qu’une intersection…

La rue des Marzelles n’a pas encore été percée pour rejoindre la rue des Sables…

La Plymouth poursuit sa route sur le boulevard, alors avenue de la Gare

Le même, aujourd’hui..

Puis les bandits stationnent devant la gare SNCF et trois d’entre eux sortent de la voiture… En face, le bâtiment de l’Hôtel de la gare est resté quasiment le même depuis le début des années 1900. Il a été démoli quelques années après le tournage du film…

C’est maintenant Le Roc, bar-tabac et hôtel…

… après avoir été le Rocotel avec son bar-restaurant self-service « Le Roc » qui fit fureur à ses débuts auprès des Challandais !

Louis et Paul soutiennent Marc, blessé, jusqu’au guichet de la SNCF, où ils vont prendre « Trois premières pour Paris… » On aperçoit au fond, après les cars, un bâtiment qui a disparu en 2005…

C’était le quai de chargement et déchargement des marchandises…

Les billets payés, Louis et Paul conduisent leur complice sur le quai… d’où ils vont ressortir discrètement. Le but est de laisser croire à la police qu’ils ont pris l’autorail jusqu’à Nantes, puis la correspondance pour Montparnasse…

Le quai des voyageurs, quant à lui, n’a pas beaucoup changé…

Cependant, Simon abandonne la Plymouth sur le parking et transfère ce qui reste de butin dans une Mercedes stationnée devant le Café de la Gare

… où les trois autres le rejoignent…

Le bâtiment du Café de la gare est toujours là, c’est devenu une maison particulière….

… la Mercedes démarre..

Les deux habitations à la suite de l’ancien café ont également survécu aux promoteurs, rénovées…

… mais pas les entrepôts de grains remplacés par des immeubles…

Dans le véhicule, en contrechamp, on découvre au bout de la rue de la gare les maisons qui seront détruites pour ouvrir la rue des Marzelles mentionnée plus haut…

Peu après, la Plymouth emprunte la rue de la Poctière… Au passage à niveau, on aperçoit cette fois, sur la gauche, les locaux de l’ancienne DDE (Direction Départementale de l’Equipement)…

… et sur la droite l’immense atelier du sculpteur Henry Murail, d’où est sortie par exemple la Baigneuse de Saint-Jean-de-Mont…

Enfin, c’est une partie du centre hospitalier qui apparaît…

La sculpture placée devant l’hôpital est également d’Henry Murail, et elle a été réalisée dans l’atelier en face…

Pour terminer leur passage en Vendée, les bandits enterrent sommairement leur butin dans un terrain vague, jettent pelles et pioches dans la nature… et font route vers Paris pour la suite d’un film à voir ou à revoir !

Sources : Philippe Gilbert pour Ouest-France ; mairie de Saint-Jean-de-Monts ; images du film « Un flic » (scénario et réalisation de Jean-Pierre Melville) ; recherches, analyse des images, photos LNC.


© Les Nouvelles de Challans, 16 mars 2026 – Didier LE BORNEC