Un nouveau recensement aura lieu à Challans du jeudi 15 janvier au samedi 21 février 2026.
Ce recensement a lieu tous les ans « avec un échantillon différent de la population » (1). Si vous en faites partie, « un courrier vous a été déposé, » et à la suite, « un agent recenseur, muni d’une carte tricolore officielle, vous fournira une notice internet soit dans votre boîte aux lettres soit en mains propres. » Il suffira alors de suivre les instructions « pour vous faire recenser sur www.le-recensement-et-moi.fr. Et si vous ne pouvez pas répondre en ligne, des questionnaires papier pourront vous être remis. »

(1) Les communes de 10 000 habitants ou plus, réalisent tous les ans une enquête par sondage auprès d’un échantillon d’adresses représentant 8 % de leurs logements (Insee).
Petite histoire du recensement
Le site Gallica de la BnF (Bibliothèque Nationale de France) résume assez bien l’histoire du recensement : « L’Insee (2) lance chaque année une enquête pour connaître l’état de la population en France. Le mot recensement est emprunté au latin recensere qui signifie passer en revue, énumérer. Mais depuis quand compte-t-on la population… ? »
Les premières sources en France « sont les registres paroissiaux, dont l’Église catholique demande l’établissement dès 1215. Ils permettent d’enregistrer les sacrements religieux obligatoires (les baptêmes, puis les naissances, les mariages et les décès). » Puis à partir du 14e siècle, « le dénombrement des feux se met en place. » Les feux ont ici « le sens de foyer, même si nous ne savons pas aujourd’hui exactement combien de personnes vivaient dans un feu. »
(2) Institut national de la statistique et des études économiques…
Derrière le recensement : l’impôt et la guerre…
« Les premières motivations du recensement à l’époque sont l’argent et la guerre. » Les autorités souhaitaient savoir qui était soumis à l’un et qui pouvait être mobilisé pour l’autre – souvent les deux. Mais « ces dénombrements ne permettent pas d’avoir une connaissance exacte du nombre de personnes vivant sur le territoire puisque, par exemple, les nobles ne sont pas soumis à l’impôt… »
« Au cours du 18e siècle, plusieurs recensements, dénombrements et enquêtes ont lieu mais sans grande cohérence et à intervalles irréguliers… »
Mais l’historien Jacques Dupâquier explique que pendant la Révolution française, « la nouvelle organisation politique implique, outre les objectifs traditionnels d’ordre fiscal et militaire, l’établissement de listes électorales et des préoccupations de connaissance économique et de surveillance policière… »
Enfin, « en 1801 a lieu le premier recensement général de la population française, initié l’année précédente par Lucien Bonaparte alors ministre de l’Intérieur. Il a lieu à partir de cette date, peu ou prou, tous les cinq ans jusqu’en 1946. »
Des questions très personnelles…
« Les premiers recensements ne donnent que des informations simples telles que l’âge ou l’état civil (célibat, mariage ou veuvage). » Mais au 19e et au début du 20e siècles, « les questionnaires s’étoffent et l’on voit apparaître des rubriques sur la profession, la nationalité, la religion ou encore les infirmités (certaines questions sont par la suite abandonnées)… »
« C’est d’abord le Ministère de l’Intérieur qui réalise les recensements, avant que la Statistique générale de la France ne soit créée en 1833. Depuis 1946, c’est l’Insee qui dirige les enquêtes en partenariat avec les communes. »
« Aujourd’hui, le recensement ne sert plus à collecter l’impôt ni à des fins de conscription. » Jacques Dupâquier indique de son côté : « les services des contributions n’y ont pas accès et l’armée se fonde sur d’autres documents. » Et selon Gallica, « il permet de définir les populations légales de chaque commune, indispensable pour mener à bien les politiques publiques, définir les moyens de fonctionnement des communes et prendre des décisions adaptées en fonction de la population. Il sert également de base à de nombreuses autres enquêtes menées par l’Insee pour connaître et décrire la population française… »
Service communication de la ville ; Gallica BnF ; Jacques Dupâquier – persee.fr ; recherches et documents LNC.
© Les Nouvelles de Challans, 12 janvier 2026 – Didier LE BORNEC
